A l’inverse de E.E.E [1], le projet 4-Flight adopte une stratégie différente. Jusque là, la DSNA développait quasiment en interne, seul le codage lui même restait externalisé. la Direction de la Technique et de l’Innovation (DTI) faisait un travail d’intégration.
Avec 4-Flight, la DSNA en coopération avec ENAV, nos homologues italiens, opte pour un produit dit « sur étagère ». Ainsi, partant sur ce que proposent les industriels du secteur, une liste de fonctionnalités va être établies en fonction des besoins opérationnels. Cette liste reprendra des fonctionnalités existantes mais aussi pointera du doigt aussi d’éventuels manques de ces produits. Ces fonctionnalités supplémentaires pourraient être développées si elles se révèlent compatibles avec le budget et les délais.
Dans cette démarche, il convient de noter une évolution majeure dans les mentalités : d’une philosophie d’adaptation des outils aux contrôleurs, nous passons à l’inverse : l’adaptation des contrôleurs aux outils. De prime abord, cela pourrait laisser présager des réticences fortes et une certaine opposition mais il faut se rappeler que les outils supposés s’adapter aux besoins des opérationnels n’existent pas en réalité. Bien souvent cette « adaptation » se révèle partielle voire largement insuffisante ; autant dire qu’il n’y a pas forcément lieu de la regretter sauf si les nouveaux outils se révélaient encore plus « mauvais » [2]
Le programme 4-Flight s’appuierait sur CoFlight un système de traitement de plan de vol dont le développement a été initiée par trois prestataires : la DSNA française, l’ENAV italienne et la compagnie suisse Skyguide. Le developpement a été confié à un consortium Thalès-ATM [3] et SELEX SI [4]. Les ANSP impliqués ayant réussi à s’accorder sur les spécifications de CoFlight, la version V2 devrait être livrée d’ici fin 2011. Une version V3 est prévue fin 2012. La V4 devrait être compatible SESAR [5] mais il faudra attendre de connaître les projets qu’il contiendra pour pouvoir en tirer des spécifications.