Pour bien comprendre le travail d’un contrôleur aérien, le mieux reste de revenir à l’expression "aiguilleur du ciel" qui a le mérite, à défaut d’être correcte, de donner quelques repères concrets.
Ainsi, les avions volent d’un aéroport (comparable aux gares) à un autre en suivant des routes aériennes (facilement assimilables aux voies ferrées). Si les choses étaient simples, les avions voleraient directement mais un certain nombre de contraintes existent : zones militaires, nécessité d’ordonner les avions qui arrivent sur un aéroport, régions montagneuses, etc... En prenant en compte ces contraintes, un réseau de route a été défini.
Donc, à l’image du chemin de fer, pour relier deux gares, des cheminements ont été créés : ces cheminements empruntent des routes à sens uniques, à double sens, etc. Des cheminements alternatifs ont été envisagés pour les journées de fort trafic (comme lors des grands départs en vacances).
Le contrôleur aérien s’assure qu’aucun avion ne va en percuter un autre que ce soit au sol ou en l’air. Au sol, il va guider les avions sur des routes qui ressemblent physiquement à nos routes pour les voitures. Un certain nombre d’itinéraires permettent aux avions qui arrivent de croiser ceux qui partent. Une fois en l’air, les choses se compliquent notablement car si, au sol, il était possible d’arrêter un avion pour en laisser passer un autre, ce n’est alors plus le cas. Pour éviter une collision le contrôleur va adapter la route de l’avion pour lui faire éviter un autre avion. Il va en fait l’aiguiller vers une voie sure. A l’inverse du rail, il est tout a fait possible d’étager les avions : deux appareils peuvent se retrouver à la verticale d’un point géographique en même temps à partir du moment où il existe une certaine distance verticale entre eux. Cette distance en Europe est de l’ordre de 1000 ft soit environ 300m.
Il existe aussi des cas où il n’est pas possible de changer de route deux avions qui risquent de rentrer en collision. Dans ce cas le contrôleur aérien va "sortir" de sa route un avion pour l’écarter en lui donnant un cap radar.
Pour résumer, le contrôleur aérien assure la sécurité des avions au sol comme en l’air en fournissant une route sure aux avions. Si nécessaire il peut altérer temporairement cette route pour maintenir un niveau sécurité suffisant [1]. Il est aussi amené dans ses tâches annexes à fournir des informations nécessaires à la bonne exécution des vols (informations météorologiques sur un terrain par exemple) [2]. Il avertit les secours [3] s’il présume que la sécurité d’un avion est menacée (un avion qu’il contrôlait ne répond plus à la radio et a disparu de son radar par exemple).