Quelques filières pour devenir contrôleur aérien

Devenir contrôleur aérien s’avère rarement être le premier objectif d’un passionné d’aéronautique. En général, il privilégie les pistes « pilote » mais, une fois qu’il envisage cette possibilité, trouver une filière peut s’avérer difficile selon le cursus suivi. Voici donc une petite synthèse des filières…

Les deux filières civiles françaises : ICNA et TSA

Ingénieur du Contrôle de la Navigation Aérienne (ICNA)

L’Ingénieur du Contrôle de la Navigation Aérienne se destine, par défaut, exclusivement au contrôle aérien. Il est employé directement par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), une émanation du ministère du développement durable (et de son ministère des transport ou de son secrétariat d’état au transport selon les époques).

Il va travailler dans les centres de contrôle en route et dans les « grands » aéroports (avec un trafic commercial important). L’ICNA pourra, au cours de sa carrière, faire autre chose que du contrôle aérien soit par le biais de détachements, une période allant de un à trois ans pendant laquelle il maintiendra sa qualification, soit par le biais d’un poste hors salle de contrôle via une mutation. Dans ce dernier cas, rien ne garantit qu’il puisse conserver sa qualification de contrôleur aérien. Comme de nombreux corps de la fonction publique, il est possible de changer en cours de carrière par le biais de sélections/concours internes.

Pour devenir ICNA, il faut passer le concours du même nom organisé par l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile. Ce concours nécessite un Bac+2 avec une préférence pour une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) scientifique. Certains IUT peuvent également convenir. Dans les statistiques de réussite au concours, la filière fac est parfois mentionnée mais cela correspond souvent à des gens passés malgré tout par la filière « prépa » dans les années précédant leur succès au concours.

Mise à jour 29/08/2018
Le concours ICNA devrait se retrouver prochainement sur la banque d’épreuves des concours communs polytechniques. Il faudra suivre les publications officielles pour savoir à partir de quand cette évolution s’appliquera.

Plus d’informations : http://enac.fr/fr/icna-controleur-aerien

L'école nationale de l'aviation civile - Différentes filières dédiées à l'aéronautique

L’Ecole Nationale de l’Aviation Civile regroupe de nombreuses filières aéronautiques dont celles du contrôle aérien. Elle permet de travailler dans le public comme dans le privé et forme même des personnels étrangers.

Technicien Supérieur de l’Aviation (TSA)

Le Technicien Supérieur de l’Aviation ne se destine pas forcément au contrôle aérien. Dans les faits, ces techniciens sont vraiment pluridisciplinaires et contribuent largement au fonctionnement de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), leur employeur. Ils peuvent travailler dans des bureaux pour réaliser des procédures, mettre au point des formations, inspecter les avions sur les aéroports, travailler dans les bureaux de piste… La partie contrôle aérien n’est donc qu’une petite partie des possibilités.

Les terrains où les TSA officient sont souvent qualifiés de « petits terrains » même si cette appellation prête à confusion. En effet, ces terrains n’accueillent que peu de trafic commercial mais cela ne signifie pas pour autant que le trafic y soit faible : de nombreux VFR (les fameux « coucous ») peuvent rendre ardue la tâche du TSA. De bons exemples sont des aéroports/aérodromes comme Lognes (77), Chavenay (78), Cannes (06), Lasbordes (31), etc.

Pour devenir TSA, il faut passer le concours idoine de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile. Il faut attirer l’attention sur le niveau du concours : annoncé niveau bac, il s’avère, en réalité, que la plupart des admis ont un niveau oscillant entre Bac+2 et Bac+3.

Un certain nombre de contrôleurs aérien TSA deviennent ICNA au cours de leur carrière par le biais d’une sélection interne.

Plus d’informations : http://enac.fr/fr/tsa-technicien-superieur-de-laviation

Les filières militaires

contrôleurs aériens : les filières militaires

Les militaires disposent de leurs propres filières pour devenir contrôleurs aériens.

Chaque armée dispose de ses contrôleurs aériens : l’armée de l’air évidemment mais aussi la marine ainsi que l’armée de terre. Voici les bases issues de vieilles recherches sur le sujet… Les militaires disposent :

  • de filières « sous-officiers » accessibles au niveau Bac. Dans ce cas, le postulant va passer un certain nombre de tests avant d’être sélectionné. Une partie des tests sont généraux mais certains sont spécifiques au métier de contrôleur aérien. Dans le cas où il serait retenu, la première formation reçue va être celle dispensée à tout sous-officier quel que soit sa spécialité. Il va ensuite suivre un cursus dédié à sa « spécialité » (le CICDA[1] pour l’armée de l’air et de terre, l’ENAC pour la marine). Dans certains cas, il peut y avoir un dernier vernis comme pour l’armée de terre qui, après une formation auprès de l’armée de l’air, va dispenser un complément spécialisé sur sa composante hélico (la fameuse ALAT[2])
  • de filières « officiers » qui sont accessibles après deux années de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Dans ce cas, le militaire formé sera appelé à prendre, à terme, des fonctions d’encadrement qui l’éloigneront nécessairement de la spécialité choisie. Pour le contenu du cursus, je vous invite à vous référer aux sites de recrutement.

Pour les apprentis contrôleurs militaires, je paraphraserai les propos, justement, d’un collègue militaire: « vous êtes militaires avant d’être contrôleurs aériens ». Ce « détail » doit être gardé soigneusement en tête…

Quelques liens (liste non exhaustive):


A ce stade, la personne qui voudrait devenir contrôleur aérien tout en n’étant pas portée sur les études et ne souhaitant pas s’engager dans les forces armées pourrait se croire acculée mais il reste peut être une solution… L’expatriation !


Les filières étrangères

Bien avant la mise en place de la licence européenne de contrôle aérien (2008), des organismes recrutaient à l’international. Deux pistes principales sont à explorer Maastricht (MUAC) et Skyguide.

  • Maastricht est un centre de contrôle en route créé par Eurocontrol, une organisation européenne qui aurait du préfigurer le contrôle aérien européen. Dans les faits, les problèmes de souverainetés nationales l’ont cantonnée à un rôle d’expertise et à un seul centre en route qui gère l’espace aérien au dessus du BeNeLux et d’une partie de l’Allemagne. De part sa nature, une organisation internationale, cet organisme a toujours recruté des ressortissants de toute l’Union Européenne. Régulièrement, elle recrute et pas au niveau maths spé. Pour plus d’informations, consultez leur site dédié au recrutement et ne perdez pas de vue que l’Anglais est primordial !
  • Derrière le nom Skyguide se cache le prestataire de contrôle aérien en Suisse. Comme beaucoup de prestataire, il a besoin de recruter soit des « ab initio » qu’il va former, soit des contrôleurs aériens déjà formés qu’il n’aura plus qu’à qualifier localement. Il peut donc y avoir moyen de se faire former pour travailler à Skyguide. Là, encore, pour avoir plus de détails, un site dédié au recrutement existe.

Il existe certainement d’autres possibilités comme Belgocontrol, le prestataire belge (et son site dédié recrutement) et chacun pourra creuser un peu plus tout en se méfiant quand même. En effet, si la licence européenne de contrôleur aérien permet de travailler, en théorie, partout en Europe, certains pays ont pu mettre des restrictions comme la France qui exige un niveau élevé de Français. De plus, une fois formé, un contrôleur pourra travailler pour le prestataire qui l’aura formé mais il devra attendre le bon vouloir d’un autre prestataire pour éventuellement le rejoindre. Par exemple, à la date de rédaction de cet article, le site du MUAC annonce ne pas recruter de contrôleurs déjà formés…

contrôleur aérien

Le contrôle aérien recrute en général dans ses autochtones mais fait parfois aussi appel à des étrangers. Cela peut être le cas dans certains pays du Golfe.

Il existe certainement encore d’autres filières pour devenir contrôleur aérien quitte à devoir s’expatrier en dehors de l’Europe. Il faut juste faire attention à la reconnaissance de sa formation pour changer éventuellement de pays.


NB : Chaque année, le magazine Aviation&Pilote organise un salon des métiers et formations aéronautiques. Ce salon peut être très intéressant car chaque métier/domaine fait l’objet d’une conférence ce qui permet d’avoir un aperçu moins théorique que dans un salon plus classique pour étudiants. Pour en savoir plus, visitez leur site !

[MAJ Décembre 2017] Une vidéo tirée du fameux salon cité ci-dessus:

  1. [1]Le Centre d’Instruction de Contrôle et de Défense Aérienne qui se trouve à Mont-de-Marsan.
  2. [2]Aviation Légère de l’Armée de Terre.

6 réflexions au sujet de « Quelques filières pour devenir contrôleur aérien »

    • Bonsoir,

      Sur le papier, oui ! Il dispose d’une licence de contrôleur aérien valable dans tous les pays européens (Europe à prendre au sens large puisque ça comprend, par exemple, la Suisse). Il était question de promo RUE (Ressortissants de l’Union Européenne) mais je n’ai jamais réussi à savoir ce qu’il en était.

      Dans le principe, si mes souvenirs sont bons, il était question de devoir disposer d’une licence de contrôle aérien, d’un niveau 5 en français (pas loin du niveau langue maternelle) et de réussir la sélection (dossiers, épreuves ? aucune idée !)

      Pour en savoir plus, vous pouvez essayer de vous mettre en rapport avec la DGAC…

      Bonne chance !

      Chak!

    • Bonjour,

      Question compliquée… Dans la notice de l’ENAC, pour le concours ICNA, il est fait référence à la restriction :

      Être ressortissant de la Communauté Européenne ou d’un autre État partie à l’accord sur l’Espace Économique Européen

      A vérifier si l’Algérie fait partie de cet accord sur l’Espace Économique Européen mais 30s passées sur Google me font penser que non.
      Il faudrait être titulaire d’une licence de contrôleur aérien reconnue par l’EASA dont l’Algérie ne semble pas faire partie non plus…

      Bref, à première vue, je ne pense pas que ce soit possible mais je vous invite à vous mettre en rapport avec la DGAC ou l’ENAC pour en être vraiment sur… Après, peut être faut-il chercher d’autres pays qui accueillent éventuellement d’autres nationalités: en Suisse, il y avait quelques Canadiens par exemple.

      Bon courage,

      Chak!

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