Quel est le QFU en service ?

QFU ? Piste ? 18-36 ? Vous n’y comprenez rien ? Bah, ce n’est pas très compliqué comme va vous le montrer cet article.

Un pilote pourrait poser cette question… Il pourrait aussi le demander sous la forme «quelle est la piste en service ?».

Le terme QFU découle d’un code aéronautique remontant à l’ère du morse[1][2]. Avec l’apparition de la radiophonie [3], le code Q est tombé en désuétude sauf quelques expressions dont, en vrac : QFE, QNH, QFU, QTA, QRF, etc…

Une piste d’atterrissage est une bande de terrain (en herbe ou goudronnée selon les endroits) qui peut être assimilée à un «trait» sur une carte. La piste peut s’utiliser selon deux sens opposés. Ce «trait», nous pouvons en mesurer l’orientation magnétique[4]: une piste «nord-sud» a donc deux orientations : 180° ou 360°[5].

Traditionnellement, un avion décolle et atterrit face au vent. Lors que le vent vient du nord, l’avion va donc emprunter la piste par la partie sud avant d’accélérer vers le nord pour profiter du vent. Lorsque l’avion décolle, il est donc en route vers le nord. Tous les marins ou les pilotes disent qu’ils sont alors au cap nord donc au cap 360°.

Une convention a été établie pour désigner les pistes : lorsque je décolle vers le nord, j’utilise la piste 36 ce qui correspond aux dizaines du cap… Si j’utilise la même piste mais vers le sud, je suis au cap 180° donc j’utilise la piste 18. L’usage veut donc qu’une piste nord sud soit donc appelée une piste 18-36… Vous retrouverez ce système de paires (séparé de 18) avec toutes les variations existantes : 01-19, 09-27, etc…

Dans le cas d’une piste 18-36, le QFU correspond à la partie utilisée : si les avions décollent vers le nord, nous parlerons de QFU ou piste 36. Dans le cas contraire, nous dirons que c’est la «18 en service».

Illustration de la notion de piste en service ou QFU

Rien de tel qu’un petit schéma pour expliquer la notion de piste en service/QFU.

L’orientation d’une piste n’est pas fixée à vie puisqu’elle dépend du nord magnétique qui évolue. Si nous prenons le cas de l’aéroport de Marseille-Provence, il dispose de deux pistes parallèles 13-31 mais, il n’y a pas longtemps, nous parlions encore des pistes 14-32 de Marseille-Provence.

Lorsqu’il existe plusieurs pistes possédant la même orientation, il devient nécessaire de les départager pour éviter les confusions. Si deux pistes sont disponibles, les deux pistes vont être baptisées simplement « droite » (Right) et « gauche » (Left) d’où les appelations 18R et 18L pour un doublet de pistes orientées nord-sud.

Le cas se complique légèrement lorsque le nombre de pistes parallèle atteint trois puisqu’il : la solution trouvée est de baptisée celle au centre de « centrale » (Central) et nous obtenons, dans le cas d’une piste 18, les 18L, 18R et 18C.

Le cas se complique encore dès que nous dépassons les quatre pistes parallèles… Il faut alors « tricher » un peu pour éviter de dangereuses confusions. Par exemple, aux Etats Unis, des gros aéroports disposent de 4 pistes parallèles avec la même orientation, typiquement nord-sud dans ce pays. Dans ce cas,  deux pistes sont effectivement considérées comme nord-sud par exemple et deviennent la 36L et 36R mais les deux autres sont artificiellement baptisées 35L et 35R ou 01L et 01R pour les distinguer de l’autre doublet…

Illustration de la notion de piste en service ou QFU

Dallas dispose de cinq pistes nord-sud qui sont donc deux 36 (36L et 36R) et trois 35 (35L, 35C et 35R) illustrant bien la mécanique évoquée dans l’article. (source : NASA)

Globalement tordre les règles permet de résoudre assez simplement jusqu’à six pistes parallèles… Au delà, je ne suis même pas sur qu’un tel terrain existe…

  1. [1]Du nom de son inventeur : Samuel Morse (US).
  2. [2]Le code Morse fait appel à un système de bips longs et courts servant à coder les lettres de l’alphabet. Mis bout à bout, il est possible de transmettre des messages complets. Héritage de la télégraphie, ce système fut utilisé aux débuts de la radio, lui donnant son nom de TSF : Télégraphie Sans Fil.
  3. [3]Comme son nom l’indique, la radiophonie permet de faire passer la voix par radio.
  4. [4]L’orientation magnétique correspond à l’angle mesurée entre un axe (de vol de l’avion, de la piste, etc..) et l’axe amenant au pôle nord magnétique.
  5. [5]Par convention, le cap 0 n’existe pas. Nous utilisons toujours le cap 360 ou le cap nord.

3 réflexions au sujet de « Quel est le QFU en service ? »

  1. Bonjour,
    Quelle est la bonne réponse à cette question récemment posée à l’examen de brevet ulm (que je prépare) :
    « une piste 36 peut avoir comme orientation magnétique:
    A/ 354° B/ 306° C/ 036° D/ 004°
    Je répondrais 004°, mais je n’en suis pas sûr…
    Merci de votre aide.

    • Bonjour!

      Désolé pour la réponse un peu tardive mais c’est bien 004, la seule réponse possible. Il s’agit d’un arrondi « classique » sur 364° pour rester dans la logique que la piste 00 n’existe pas (on utilise 36 dans ce cas).

      Cdlt

      Chakram

  2. Bonjour au sujet de la NBP n°. 3 je pense que vous confondez « radiophonie » qui est le terme diffus pour qualifier la transmission d’information (voix, données, musique…) par voix hertzienne et la « radiotéléphonie » qui est plus spécifiquement la transmission de la voix par ondes hertziennes.

    En ce qui concerne la règle d’arrondi du cap magnétique du second chiffre affecté au QFU, il peut être utile de rappeler que, par convention, si le troisième chiffre du QFU de piste est 0-4 on arrondit à l’unité inférieure et s’il est compris entre 5 et 9 alors on arrondit à l’unité supérieure. Une orientation de piste de 184° sera donc codifiée à 18-36 alors qu’une orientation de 185° sera quant à elle nommée 19-01. Par ailleurs, pour vérifier le calcul de QFU, la différence entre les deux nombres sera toujours toujours de 18 (utile pour les examens ;).

    Enfin si le code dit « Morse » n’est plus guère utilisé régulièrement que par les radioamateurs il est bon de rappeler qu’il est encore présent sous la forme d’un groupe de deux ou trois lettres dans la désignation (indicatif radio) des balises de radiocompas VOR ou NDB afin de lever un éventuel doute.

    Cordialement,

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