Stripless : What’s that ?

Comme décrit dans d’autres articles, le contrôleur aérien français (à la date de cet article) utilise un outil qui pourrait paraître désuet : le strip. Ce véritable « fossile » vit cependant ses dernières heures pour le bonheur ou le malheur de certains. le concept qui va prendre le relai est le « Stripless » mais quelle réalité se cache derrière ce terme ?

Comme son nom l’indique « stripless » désigne un système sans strip papier. Pour qu’un tel système puisse fonctionner il faut cependant trouver un support électronique permettant de compiler l’ensemble des données auparavant contenues dans les strips. Ce support, s’avère être une interface informatisée qui peut se présenter de deux manières :

Une solution de stripping électronique.

Une solution de stripping électronique proposée par Frequentis. Cette solution est souvent préférée dans les approches.

  • une représentation fidèle des strips mais numérique : nous parlons dans ce cas de « stripping électronique »,
  • une redistribution des données sur différents supports qui ne ressemblent en rien aux strips : nous parlons alors de « stripless ».

Les nouveaux supports

La France sera parmi les derniers à ce doter d’une interface stripless [1] et de nombreux autres pays ont donc déjà défriché ce domaine. Les nouveaux supports sont principalement de deux types : des étiquettes enrichies et des listes

L’étiquette : la porte d’entrée du stripless

Une étiquette d'un vol en environnement stripless

Une étiquette d’un vol en environnement stripless, ici, un Eurocat (produit par Thalès) similaire à celui déployé au Danemark.

Aujourd’hui déjà, dans le système ODS équipant les centres en route français, l’étiquette permet d’accéder aux informations du vol et d’en modifier certaines. En environnement stripless, le nombre des éléments visualisés et modifiables croit pour devenir le support de toutes les informations essentielles[2].

L’agenda : cas particulier français

L’agenda représente un support temporel. D’un point de vue visuel, il ressemble à une frise le long de laquelle il est possible d’accrocher des évènements (problèmes, rappels pour descendre des avions, etc..). Il s’agit d’un des axes défrichés par le programme ERATO. D’autres pays s’en passent mais beaucoup reconnaissent qu’il manque un outil pour une meilleure coopération entre les acteurs sur un secteur. L’électronique a, en effet, tendance à enfermer chacun des contrôleurs dans son «monde» et ses «outils» même lorsqu’ils sont supposés travailler ensemble.

A quel horizon ?

Là réside la principale inconnue puisque la DSNA connaît, depuis quelques, années pas  mal de déboires dans ses projets techniques. Ainsi, le projet E.E.E. [3]initialement prévu en 2013/2014 comme le premier saut en électronique a été « retoqué » par certains mais continue d’évoluer sous l’impulsion des centres de contrôles de l’ouest (Brest et Bordeaux). A côté de ça 4-Flight, le programme permettant de renouveler toute la structure actuelle [4] accumule déjà au moins deux ans de retard impliquant une mise en service, au plus tôt, en 2017 contre 2015 initialement…

Bref, pour résumer, wait and see 😉 …

  1. [1]Elle passera surtout sous environnement électronique -le terme générique désignant ces interfaces- près de 20 ans après les premiers pays à avoir franchi le pas.
  2. [2]Les informations potentiellement non-essentielles peuvent être redistribuées sur d’autres support
  3. [3]Environnement Electronique ERATO
  4. [4]La première version du CAUTRA, le nom du système actuel est née il y a 50 ans. Il a continué d’évoluer mais l’intégralité du système devrait être remplacée à terme : le traitement plan de vol (STPV) serait remplacé par CoFlight, la poursuite radar ARTAS est déjà en place, l’IHM de contrôle ODS devrait se voir remplacée par 4-Flight.

5 réflexions au sujet de « Stripless : What’s that ? »

  1. Bonjour,

    J’en avais déjà entendu parler… Intéressant qu’il existe un site. Dommage que ça ne ce soit pas arrivé un peu avant de se lancer dans le stripless…

    Chak

  2. Stripless Switzerland Step 4:
    fini les fiches papier dans les ACC!
    Introduction de Stripless Switzerland Step 4 dans l’ACC East et nouvelle version de TRACE.
    Dans la nuit du 4 au 5 avril, l’ACC East a réussi le quatrième Step du projet Stripless. Volet du
    Virtual Centre Programme, Stripless Switzerland est une pierre angulaire de l’harmonisation des
    équipements et des procédures opérationnelles. Concrètement, le Step 4 introduit des outils de détection
    de conflits, qui constituent un soutien précieux pour les contrôleurs-euses assignés à la surveillance
    de la situation aérienne. Il s’agit de la dernière étape décisive vers une méthode de travail
    100% sans fiche de progression sur papier. En même temps, la gestion de la séquence d’arrivée (qui
    revêt une importance particulière liée au stack management et à la détection des conflits avec les
    vols en holding) est mieux intégrée à l’écran radar.
    En dépit de la démarche commune de développement et de l’harmonisation des fonctions, la mise
    en service du Step 4 de Stripless s’est faite de façon échelonnée dans l’ACC West et dans l’ACC
    East, pour des raisons techniques et opérationnelles. Cette approche a également permis de soumettre
    à une analyse plus poussée les irrégularités techniques qui ont été observées en décembre
    2015 dans l’ACC West. Étant donné que ces problèmes étaient pour l’essentiel de nature procédurale
    et n’avaient qu’un lien marginal avec le système Stripless proprement dit, nous avons pu respecter
    le calendrier du projet, après avoir réalisé quelques ajustements de la procédure. Dès lors, les
    fiches papier appartiennent définitivement au passé dans tous les secteurs ACC. Comme nous
    l’avions déjà constaté lors sa première application dans l’espace aérien supérieur genevois, le fonctionnement
    100% stripless perfectionné a pour avantage une nette augmentation de l’efficience.
    L’entrée en service de la nouvelle version du système électronique de coordination et de données
    plan de vol TRACE (Tower Approach Coordination Equipment), parfaitement harmonisée avec
    Stripless, a eu lieu à la même date. TRACE-V2 comporte une gestion des plans de vol VFR très
    utile à notre partenaire, l’aéroport de Zurich, ainsi que de nouvelles fonctions plan de vol IFR pour
    les vols au départ, à l’arrivée et en transit. Grâce à cette nouvelle version, les contrôleurs-euses de la
    tour de Zurich pourront eux aussi travailler sans fiche papier à partir de l’automne.
    Dans l’optique de la prochaine conclusion de Stripless Switzerland, l’équipe de projet s’attellera
    désormais à un réglage fin du système et au traitement de quelques exigences en suspens relevant
    des phases antérieures.
    Nous félicitons et remercions chaleureusement tous les collaborateurs et collaboratrices qui ont
    contribué à la réussite des deux projets, et en particulier Fabrice Pourraz (chef de projet Stripless)
    et Bita Oyetan (cheffe de projet TRACE).
    skyguide
    Alex Bristol, O
    Genève, le 2016-04-12

    • Amusant d’avoir ce genre de commentaire car cela ressemblerait plus à un communiqué de presse qu’à un commentaire. Néanmoins, cette nouvelle s’avère intéressante car elle montre que la mise en oeuvre du stripless semble se passer dans des conditions correctes dans la plupart des pays. Elle montre aussi que le fossé technologique entre les ANSP européens et la DSNA (ANSP français pour les béotiens) se creuse : le premier système « stripless » (3E ou EEE pour Environnement Electronique ERATO) français a débuté une phase d’expérimentations poussées à Brest alors que la mise en service opérationnel était initialement prévue en 2013. Ce système repose toujours sur le système de traitement plan de vol ancienne génération qui n’est pas donc pas 4D. Le système 4-Flight, remplaçant désigné du système 3E poursuit son développement avec une mise en service programmée à l’hiver 2018/2019 sauf retard (la MESO était initialement prévue en 2015). Au delà du stripless, les contrôleurs français attendent également le datalink (obligation européenne non respectée depuis mars 2013) et le mode S enrichi voire l’ADS-B. Il est stupéfiant de voir qu’un internaute peut disposer potentiellement de plus d’informations qu’un contrôleur aérien : vitesse sélectionnée, niveau sélectionnée, etc. Félicitations à nos collègues suisses… Il ne reste plus qu’à détailler un peu plus les outils et à nous montrer quelques images…

      • Merci de votre avis. Ce n’est pas un communiqué de presse, c’est le texte d’un bulletin interne que j’ai repris intégralement; retraité je n’ai plus accès aux détails. Bon dimanche. 73’s

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