Le centre de contrôle en route

Si le grand public a conscience de la présence des aiguilleurs du ciel sur les aéroports dans les tours de contrôle, il a plus rarement conscience que des contrôleurs aériens suivent les appareils sur quasiment la totalité de l’espace aérien français. Ces organismes civils ou militaires sont finalement mal connus aussi, tentons de remédier à cela en commençant par l’aspect le plus « grand public »…

Nous avons vu que les contrôleurs dans les tours s’occupaient du terrain, éventuellement de la proximité immédiate du terrain et même d’un volume environnant, parfois très important autour des grands aéroports. Mais les moyens de suivi (radar) et de communication (radio) n’offrent pas une portée infinie et nécessitent la mise en oeuvre d’une infrastructure spécifique : le centre de contrôle en route.

Les centres de contrôle en route [1] contrôlent donc l’espace restant… Si les tours amènent les avions vers les terrains puis les font redécoller vers leurs destinations, les centres en route finissent de monter les appareils vers leurs niveaux de croisière, commencent à les faire descendre vers leur terrain de destination ou encore les surveillent lorsqu’ils sont sur les routes aériennes, en croisière.

Cette partie pourrait sembler plus simple mais en fait la difficulté est tout aussi grande… En réalité, il s’agit presque d’un travail différent [2] : les vitesses des avions sont différentes, leurs capacités en montée, descente aussi. Sans compter que la proximité des aéroports (Lyon n’est pas loin de Genève en avion par exemple) implique des flux de montées qui interfèrent avec des flux de descentes ou même avec des avions en croisière. A cela s’ajoute le fait que les routes aériennes, à l’image des routes terrestres, se croisent et nécessitent donc des précautions particulières, les « feux » n’existant pas dans le ciel.

En France[3], il existe cinq centres de contrôle en route : le Centre Régional de la Navigation Aérienne (C.R.N.A.) Nord d’Athis-Mons (Paris Contrôle), le C.R.N.A. Est de Reims (Reims Contrôle), le C.R.N.A. Sud-Est d’Aix en Provence (Marseille Contrôle), le C.R.N.A. Sud-Ouest de Bordeaux (Bordeaux Contrôle) et enfin le C.R.N.A. Ouest de Brest (Brest Contrôle).

  1. [1]En Anglais, le terme est Area Control Center d’où l’anglicisme assez commun chez les contrôleurs ou les pilotes qui parlent d’ACC.
  2. [2]Dans son premier volet du fameux Ciel Unique, la commission européenne, en application d’une demande de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, a mis en place une licence européenne de contrôleur aérien semblable à ce qui existe depuis bien longtemps pour les pilotes. A l’image des différentes qualification que peut acquérir un pilote, un contrôleur voit mentionner sur sa licence différentes qualification comme le contrôle en route ou le contrôle d’approche illustrant bien par là qu’il existe suffisamment de différences pour justifier des formations spécifiques. La France est d’ailleurs l’un des rares pays à avoir choisi de former ses contrôleurs à l’ensemble des qualification. A défaut d’être le plus économique, cela permet une mobilité totale.
  3. [3]Cette structure n’est bien sur pas spécifiquement française. A titre d’exemple, il en existe à Barcelone (Espagne), Génève (Suisse), Tunis (Tunisie), etc.

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